Lecture de marché
Projet de loi Relance Logement : ce qui pourrait changer après l'automne 2026
Construction, dispositif Jeanbrun, passoires énergétiques et rôle des maires : le texte adopté au Sénat doit encore être examiné par les députés.
Gael ColinCorpusImmo4 min de lecture
Mis à jour le

En bref
- Le projet de loi a été adopté avec modifications par le Sénat le 8 juillet 2026.
- L'Assemblée nationale doit encore examiner le texte à l'automne.
- Les mesures annoncées sur le dispositif Jeanbrun et les logements F ou G ne sont donc pas toutes applicables.
- Le projet agit à la fois sur la construction, la rénovation, le logement social et les compétences locales.
Le projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement veut répondre à une crise devenue structurelle. Présenté le 24 juin 2026, il a été adopté avec modifications par le Sénat le 8 juillet. L'Assemblée nationale doit encore l'examiner à l'automne.
Cette situation impose une distinction nette : la loi de finances 2026 a déjà créé le dispositif fiscal Relance Logement, mais plusieurs assouplissements largement commentés appartiennent encore au projet de loi.
Construire plus vite à l'échelle locale
Le texte crée des opérations d'intérêt local afin d'accélérer certains projets de logements, d'activités et d'équipements. L'objectif annoncé est de réduire les délais liés à la mise en compatibilité des documents d'urbanisme.
Les maires et collectivités proposeraient les projets, ensuite validés par le préfet. Les exigences essentielles de sécurité, de salubrité, d'accessibilité et de qualité architecturale resteraient applicables.
Un troisième programme de renouvellement urbain
Le projet pose le cadre d'un PNRU3 couvrant la période 2026 à 2040. Il viserait les quartiers cumulant des difficultés urbaines, sociales, environnementales ou d'accès aux services.
Le gouvernement annonce un budget de cinq milliards d'euros. Des villes moyennes et les territoires ultramarins doivent occuper une place plus importante que dans les programmes précédents.
Le dispositif Jeanbrun pourrait être élargi
Dans le texte initial, le seuil de travaux dans l'ancien passerait de 30 % à 20 % du prix du logement. Les maisons individuelles anciennes pourraient entrer dans le dispositif, avec des exigences de performance énergétique et d'équipement.
Le Sénat a modifié plusieurs de ces conditions. Notre article sur le dispositif Jeanbrun déjà applicable s'en tient à la règle actuelle. Une acquisition ne doit pas être montée sur la seule hypothèse que le texte final conservera tous les assouplissements.
Louer temporairement une passoire avec engagement de travaux
Le projet prévoit une possibilité de remise en location de certains logements F ou G si le propriétaire s'engage à les rénover. Les délais évoqués sont de trois ans pour une maison individuelle et cinq ans pour un logement en copropriété.
Cette mesure modifierait sensiblement la mise en œuvre de la décence énergétique. Elle reste en discussion. Jusqu'à une éventuelle promulgation, les règles actuelles décrites dans notre guide sur la vente et la location des logements F ou G continuent de s'appliquer.
Davantage de responsabilités locales
Le texte renforce le rôle des intercommunalités, départements et maires dans l'organisation du logement. Le Sénat a toutefois supprimé ou modifié certains transferts, notamment autour du droit au logement opposable.
Ces débats auront un effet très territorial. Une mesure nationale peut produire des résultats différents selon le foncier disponible, la tension locative et la capacité locale à lancer des opérations.
Ce qu'il faut suivre à l'automne
Surveillez le calendrier de l'Assemblée nationale, les amendements, le vote définitif, puis une éventuelle saisine du Conseil constitutionnel et la promulgation. Des décrets pourront encore préciser l'application de certaines mesures.
Un article publié avant la fin du parcours doit toujours employer le conditionnel. Les professionnels doivent mettre à jour leurs supports lorsque la version définitive sera connue.
Mesurer les effets plutôt que les annonces
La relance se jugera dans les permis, les mises en chantier, les logements remis sur le marché et les loyers pratiqués. L'Observatoire CorpusImmo fournit le contexte local nécessaire pour interpréter ces changements.
L'article sur la construction en juillet 2026 donne le point de départ : les permis restent sous leur moyenne récente malgré une amélioration des chantiers démarrés.
Pour situer le parc social, notre étude Qui possède la France montre que les bailleurs sociaux détiennent la moitié des locaux des personnes morales, et le grand transfert retrace leur concentration depuis la loi ELAN.
Questions fréquentes
La loi Relance Logement est-elle déjà adoptée ?
Non. Au 19 septembre 2026, le Sénat a adopté une version modifiée et l'Assemblée nationale doit encore examiner le texte.
Le seuil de travaux Jeanbrun est-il déjà passé à 20 % ?
Non dans la présentation officielle du dispositif actuellement applicable. La baisse du seuil figure dans le projet et son contenu peut encore évoluer.
Peut-on déjà relouer un logement G avec une promesse de travaux ?
La dérogation décrite appartient au projet de loi. Elle ne doit pas être appliquée comme une règle en vigueur avant l'achèvement du parcours législatif.
Sources et méthode
État du texte vérifié le 19 septembre 2026 à partir du dossier législatif de Vie publique. Cet article devra être actualisé après chaque étape parlementaire importante.
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Estimation statistique indicative, calculée à partir des transactions publiques DVF. Elle ne constitue pas une expertise immobilière.



